Influences culturelles

Les premiers colons se retrouvèrent en contact avec les Amérindiens et leurs langues. Le français canadien a hérité un certain nombre de leurs mots, en particulier dans les domaines de la faune et de la flore :

  • Achigan : « espèce de poisson d’eau douce» (algonquien)
  • Caribou : « cervidé de taille moyenne, pourvu de longs bois plus ou moins aplatis» (‘pelleteur’ ou ‘gratteur’ en algonquien)
  • Atoca : « baie rougeâtre à saveur acidulée » (iroquoien)

Les contacts entre Français et Cris dans l’Ouest donnèrent naissance à une nouvelle langue, le mitchif, qui combine des éléments des deux langues.

Après la Conquête, de nombreux emprunts ont été faits à l’anglais, avec de fréquentes adaptations formelles ou sémantiques.

  • peanut (pinotte) : «arachide» et dans l’expression être rien que sur une peanut « être débordant d’énergie »
  • smart (ou smatte) : « gentil » ou « intelligent » et dans l’expression faire son smatte  « se rendre intéressant »
  • drave « transport du bois par eau », de drive. Cf. le fameux roman Menaud maître-draveur de Félix-Antoine Savard.

Le français dans le Canada d’aujourd’hui

Langue et politique ont toujours été intimement reliées dans l’histoire du pays. Le 20e siècle a vu l’avènement de lois ayant pour but la sauvegarde du patrimoine linguistique et culturel. Au Québec, ces lois ont soutenu la préséance du français dans les affaires et l’éducation.

Entre 2006 et 2011, on note une augmentation de 370 000 du nombre des Canadiens aptes à soutenir une conversation en français, ce qui représente toutefois un recul par rapport à l’ensemble de la population canadienne (de 30,7% en 2006 à 30,1% en 2011). Cela s’explique par une immigration plus importante dans les provinces anglophones par rapport aux provinces francophones.

Le Québec a reçu, de 2008 à 2012, de nombreux immigrants en provenance de la francophonie. L’adoption de la loi 101 a contribué à l’intégration des nouveaux arrivants. Environ vingt mille sont recensés pour chacun des pays suivants : le Maroc, l’Algérie, la France, Haïti ; on compte aussi près de huit mille Libanais et plus de cinq mille Tunisiens.

Des associations francophones sont actives dans tout le pays et près de 10% des élèves hors Québec participent à des programmes d’immersion. Environ 30% des Canadiens (10 millions) disent être aptes à tenir une conversation en français, ce qui place le Canada au troisième rang des pays francophones, derrière la France et l’Algérie.

Références complémentaires

Chaudenson, Robert. 2005. « Français d’Amérique et créoles français : origines et structures » dans A. Valdman, J. Auger et D. Piston-Hatlen (dir.). Le français en Amérique du Nord. État présent. Sainte-Foy : Presses de l’Université Laval. 505-516

Francard, Michel. 2005. « Attitudes et représentations linguistiques en contexte minoritaire : le Québec et l’Acadie » dans A. Valdman, J. Auger et D. Piston-Hatlen (dir.). Le français en Amérique du Nord. État présent. Sainte-Foy: Presses de l’Université Laval. 371-388

Martineau, France et Terry Nadasdi. 2011. Le français en contact. Coll. Voies du français. Sainte-Foy : Presses de l’Université Laval. 426 pages

McComber, Louis. 2003. « Le Nunavik québécois, une percée francophone dans l’Arctique canadien? » http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/nunavik-art_McComber.htm. Consulté le 3 avril 2014